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Les patrimoines culturels

Case créole Hell-Bourg 2005 © Stephan Szymandera
Case créole Hell-Bourg 2005 © Stephan Szymandera

Comprendre et transmettre nos patrimoines

La charte du Parc national de La Réunion propose une politique de valorisation vivante du territoire et un accompagnement des projets des acteurs locaux, pour permettre une appropriation du patrimoine culturel des Hauts par la population.
 
Tressage de vacoa Saint-Philippe 2004; Hervé Douris
Tressage de vacoa Saint-Philippe 2004 © Hervé Douris


La diversité culturelle de la société réunionnaise a impliqué au fil du temps des comportements, des croyances, des savoir-faire spécifiques. Issues de la rencontre de ces hommes avec la nature l'architecture, la cuisine, l'histoire de l'occupation des terres sont à la fois le reflet de l'utilisation d'un produit de la nature et un moment de l'histoire, d'une pratique religieuse, sociale ou culturelle.

 

Marmite créole feu de bois
Marmite créole et feu de bois

 

La relation entre l'homme et la nature est le fil conducteur de la politique culturelle du Parc national et de sa Charte. Ces deux notions antinomiques résument à elles seules la complexité de cette relation. La polysémie du mot autorise une approche pluridisciplinaire de la nature :

  • une approche artistique
  • une approche religieuse
  • une approche morale
  • une approche scientifique
  • une approche philosophique

La stratégie culturelle contribue ainsi à la connaissance, au suivi, à la conservation et à la valorisation des patrimoines culturels - matériels et immatériels - au sein du territoire du Parc national, en réponse aux enjeux du territoire définis par la Charte.

Protéger et valoriser le patrimoine

Le Parc national protège et valorise le patrimoine culturel du territoire réunionnais en constante évolution car :

  • le patrimoine culturel d'hier est notre héritage culturel
  • la création contemporaine d'aujourd'hui reflète le dynamisme culturel d'un territoire
  • le patrimoine culturel de demain se construit grâce à la création contemporaine d'aujourd'hui

Il devient alors évident de songer à un équilibre entre ces trois espaces temps pour tous les projets qui seront engagés par le Parc national.

Les cases créoles

 

Esprit parc national
© Le Bon Zest

 

Quatre cent ans d'occupation humaine, depuis la grotte des premiers français à Saint-Paul jusqu'au plus récentes constructions bioclimatiques de la Maison du Parc national de La Réunion à la Plaine des Palmistes ou du projet du Gîte du volcan en cours de création ont marqué durablement les paysages de l’île de La Réunion.

Un condensé d'histoire de l'architecture sur une courte période, une concentration rarement égalée de constructions illustrant la trajectoire singulière de l'architecture à La Réunion. On retiendra que de toute cette histoire que la case Créole concentre à elle seule tout l’imaginaire et l'intérêt du patrimoine bâti sous les tropiques et plus encore à La Réunion.

Depuis la case des hauts en pied de bois, construite sur un soubassement en pierres sèches prélevées sur le site, aux murs fait d'un clayonnage de branches et de vétiver, couverte de feuilles de latanier, jusqu'à la maison du planteur, vaste propriété au milieu des champs de canne, héritières et inspirées pour beaucoup d'entre elles des modèles d’architecture classique de Pondichéry ou de Louisiane, la case Créole n'a pas cessé d'évoluer.

Architecture de cueillette pour les premières paillotes construites par les premiers colons et les esclaves, elles rappellent les constructions des habitations malgaches, et définissent très tôt un modèle qui perdurera au-delà des changements de techniques et de l’apparition de matériaux nouveaux.

Jusqu'au milieu des années soixante, la paillote est l'une des formes les plus communes de l'habitat populaire réunionnais. Cet habitat n'existe presque plus dans l'île seul subsiste à Mafate dans le cœur habité du Parc national quelques rares spécimens et dans quelques structures d’accueil insolites qui offre aujourd'hui la possibilité de découvrir ce mode d'habiter.

Les trente glorieuses (1960/1991) ont transformé durablement les modes de constructions, l'arrivée de nouveaux matériaux, le développement des transports routiers et aériens, ont accélérés la mutation architecturale de la case Créole et aidé à créer de nouveaux modèles, parfois caricaturaux, parfois très éloignés de la tradition, au profit d'une modernité revendiquée et assumée.

La case béton illustre bien cette perte d’identité à La Réunion comme dans le reste du Monde.

Le Parc national a pour mission de révéler et transmettre ce qui fait l'identité et le caractère de ces patrimoines bâtis, il œuvre dans le cadre de ses missions à valoriser ces patrimoines et à accompagner de nouvelles évolutions et mutations architecturales qui soient plus respectueuses de l'histoire du site et porteuse d'une identité renouvelée pour le maintien d'un cadre de vie de haute qualité environnementale, sociale et culturelle.