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Le gestionnaire du Bien inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO

Pour figurer sur la prestigieuse Liste du patrimoine mondial, un site - qu'il soit naturel, culturel ou mixte - doit avoir une valeur universelle exceptionnelle et satisfaire à au moins un des dix critères de sélection fixés par l’UNESCO.

L'inscription en tant que Bien naturel intitulé « Pitons, cirques et remparts de l'île de La Réunion »


Pour figurer sur la Liste du patrimoine mondial, la candidature doit démontrer le caractère unique du Bien à l'échelle planétaire, son importance transcendant les frontières nationales et son caractère inestimable pour les générations actuelles et futures de l'humanité.

Pour appuyer la candidature du cœur montagneux de La Réunion en tant que Bien naturel, un dossier de candidature intitulé « Pitons, cirques et remparts de l'île de La Réunion, une grande diversité de formes et de milieux remarquables à évolution rapide » fut réalisé par une équipe pluridisciplinaires, puis examiné par des experts nationaux et internationaux. Le Comité du Patrimoine mondial a délibéré favorablement sur cette candidature lors de sa session de 2010 tenue à Brasilia.

Deux critères ont été retenus pour cette inscription sur la Liste du patrimoine mondial :

  •  le Critère 7 : représenter des phénomènes naturels ou des aires d'une beauté naturelle et d'une importance esthétique exceptionnelles ;
  •  le Critère 10 : contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique, y compris ceux où survivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation.

Le nom retenu pour le Bien inscrit, les « Pitons, cirques et remparts de l'île de La Réunion », traduit une réflexion de fond sur l'originalité des formes géographiques de l'île. Leur relief marqué, en combinaison avec l'altitude et les vents, sont aussi à l'origine d'une grande variabilité climatique et hydrologique du territoire et de la remarquable mosaïque d'écosystèmes qui s'y est installée.

Le Bien inscrit coïncide avec le cœur du parc national, augmenté de 4 sites situés en aire d'adhésion :

  •  Le Piton d'Anchain, la Chapelle et le Piton de Sucre de Cilaos, la Grande Chaloupe et la forêt de Mare-Longue.
  •  Les cirques de Cilaos et de Salazie ainsi que la Plaine-des-Palmistes constituent quant à eux la zone tampon du Bien.

La reconnaissance par l'UNESCO n’apporte pas de réglementation spécifique. La France, signataire de la Convention du patrimoine mondial, doit garantir l’intégrité du bien, en veillant au respect de la réglementation en vigueur. Le Parc national et ses partenaires valorisent la somme de connaissances scientifiques acquises au cours de l’élaboration du dossier de candidature, et enrichies depuis lors pour organiser la gestion du Bien, la protection et la conservation de ses richesses, sa valorisation éco-touristique, et le partage des valeurs qu'il porte.

Retrouvez à ce lien la carte interactive du territoire, mettant en avant les caractéristiques exceptionnelles du Bien inscrit au patrimoine de l'UNESCO.

Grand Brûlé
Vue sur le Grand Brûlé © Lionel Ghighi

Le Parc national : gestionnaire du Bien inscrit

L’établissement public du Parc national de La Réunion est le gestionnaire du Bien, chargé de son suivi, de sa protection et de sa valorisation au quotidien. En 2015, une Commission de gestion et de suivi du Bien, issue du Conseil d’administration du Parc national, a été mise en place afin de garantir une approche participative et partagée.

La gestion du Bien donne lieu à des rapports réguliers à l’UNESCO, selon un cycle périodique mais aussi en cas d’événement grave, comme des incendies de grande ampleur, ou en cas de problème chronique, comme l’envahissement par des espèces exotiques.

En outre, tout aménagement susceptible d’altérer la valeur universelle exceptionnelle du Bien doit être préalablement discuté avec l’UNESCO, afin d’en examiner l’acceptabilité et, le cas échéant, de minimiser ses impacts.

Les Pitons

À La Réunion, le terme de « Piton » est d’abord employé pour désigner les deux grands massifs volcaniques - Le Piton des Neiges et le Piton de la Fournaise - qui sont à l'origine de l'île.

Mais ce terme est aussi plus largement utilisé pour désigner les nombreux monts, pics et sommets de l'île, et en particulier la multitude de cônes éruptifs secondaires. Ces petits pitons, visibles sur toute l'île,  n'ont pas eu de rôle fondateur mais ils sont les vestiges des innombrables éruptions qui ont façonné l’île.

Les autres sommets qui parsèment l'île sont nés de l'activité tectonique ayant entraîné des glissements et effondrements de blocs des deux pitons créateurs de l'île. Le plus bel exemple est celui du Piton d’Anchain, dans le cirque de Salazie.

Piton cabris
Piton cabris © Jean-François Bègue

Les Cirques

En géographie, un cirque désigne une enceinte naturelle aux parois abruptes, généralement de forme circulaire ou semi-circulaire, installée sur les flancs d’un massif montagneux.

Des cirques existent dans de nombreux chaînes montagneuses et sont le plus souvent les vestiges d'une érosion glaciaire : le cirque de Gavarnie dans les Pyrénées, le cirque du Fer-à-Cheval dans les Alpes, etc... Les cirques sont en revanche plus rares dans les îles volcaniques : on peut cependant mentionner la Caldera de Taburiente dans les îles Canaries. L'île de La Réunion est donc le seul site au monde à présenter cette forme géographique de façon aussi marquée et dans de telles dimensions.

Les cirques y sont l’un des témoignages les plus originaux de la perpétuelle transformation de l’île conjuguant les forces contraires du volcanisme et de l’érosion, des coulées de lave, des effondrements et glissements de terrains.

Mafate, Salazie et Cilaos sont les trois principaux cirques qui marquent le paysage, par leur forme de poire et leur disposition en « as de trèfle » autour du Piton des Neiges, donnant à l’île son relief unique. Chacun des cirques est aussi un monde à part, avec une morphologie et une histoire qui lui est propre.

L’île abrite aussi d’autres cirques plus discrets, comme le site de Grand Bassin ou le cirque de Bélouve, comblé par les dernières éruptions du Piton des Neiges. Et sur les flancs du Piton de la Fournaise, on devine la naissance de futurs cirques.

Cirque de Cilaos
Cirque de Cilaos © Hervé Douris

Les Remparts

Le terme de « remparts » utilisé en géographie est une particularité réunionnaise. À l’image des constructions humaines, il désigne ici des parois vertigineuses, d’âges et d’origines variés, qui marquent puissamment le relief en de grandes lignes directrices.

Il existe différents types de remparts :

  • Les remparts rectilignes se rencontrent fréquemment en bordure de rivières telles que la rivière des Remparts, la rivière des Pluies, le Bras de la Plaine ... Leur aspect vertical est souvent vertigineux.
  • Les remparts curvilignes peuvent être le fruit d’effondrements qui suivent les éruptions volcaniques - comme les caldeiras successives du Piton de la Fournaise- mais aussi le fruit de l'érosion torrentielle et de glissements de terrain de grande ampleur.
  • Les cirques du Piton des neiges sont plutôt le résultat d’une combinaison de tous ces facteurs, avec des remparts complexes.
Remparts de Mafate La Nouvelle
Rempart surplombant l'ilet de La Nouvelle (cirque de Mafate) © Hervé Douris