Ces espaces délaissés constituent en effet une menace pour la biodiversité de l’île car ils abritent bien souvent de nombreuses espèces exotiques envahissantes végétales (EEEV), susceptibles de coloniser les milieux naturels au détriment des espèces indigènes. Leur réhabilitation via mise en place de projets agroforestiers s’appuie sur la volonté d’initier de nouvelles dynamiques bénéficiant à la fois à la protection de la biodiversité et au développement économique, dans un contexte de pénurie d’espaces agricoles disponibles.
POURQUOI L'AGROFORESTERIE ?
L'agroforesterie recouvre l'ensemble des pratiques agricoles qui associent, sur une même parcelle, des arbres (fruitiers, haies, alignements, bosquets) à une production agricole végétale et/ou animale. Ces systèmes de culture procurent de multiples services environnementaux, aujourd’hui mis en évidence par de nombreux travaux scientifiques : lutte contre l'érosion, amélioration de la qualité du sol, préservation de la ressource en eau, biodiversité animale et végétale…
Les espèces indigènes et endémiques tiennent une place prépondérante au sein cultures agroforestières mises en place. Elles sont utilisées dans la constitution de haies, pour fournir de l’ombrage aux plantations, pour leur potentiel mellifère ou encore pour une valorisation économique en tisanerie.
Ces modes de production diversifiés et résilients permettent ainsi la mise en valeur agricole de ces espaces difficiles et contraints que constitue les friches des Hauts de l’île (accessibilité, accès à l’eau…).
10 PARCELLES EXPERIMENTALES
Le projet GAIAR s’appuie sur la mise en place d'un réseau de 10 parcelles expérimentales réparties sur l’ensemble du territoire. Il fait suite à un important travail d’inventaire des zones en friches mené par le Parc national et ses partenaires en 2019. (Lien vers la page friches) Ces parcelles aux orientations diverses (maraichage, culture de sous-bois, PAPAM, arboriculture…) se situent sur des zones aux contextes écologiques et climatiques variés.
Les 10 parcelles pilotes du projet constituent un support d’acquisition de références techniques, économiques et environnementales locales, relatives à la réhabilitation de parcelles en friches et à la mise en place de projets agroforestiers. Le suivi du projet permettra ainsi d'évaluer l'hypothèse d’un bénéfice réciproque pour le développement économique et la protection de la biodiversité.
LES DIFFERENTES ETAPES DU PROJET
1. Défrichement des parcelles en friches
La première étape de remise en valeur des friches consiste à éliminer les espèces exotiques envahissantes présentes pour y substituer des espèces cultivées. Les techniques de défrichement mises en œuvre (mécaniques ou manuelles) sont adaptées à chaque situation et définies en fonction du type d’accès (carrossable, pédestre ...), de l’état initial de la parcelle (état boisé, présence d’espèces endémiques à conserver…) et des cultures qui seront implantées (cacao, vanille, maraichage, fruitiers…). Pour mettre en place ces opérations, le projet est financé par l'Etat au titre du Contrat de Convergence et de Transformation, et co-financé par les fonds européens LEADER, FEADER et le Conseil Départemental de La Réunion et par l’intermédiaire du Groupe d’Action Locale (GAL) Grand Sud, Terres de Volcan dans le cadre d'un projet baptisé « Friches en ler, cultiv nout tèr ».
2. Mise en place de cultures agroforestières
La seconde étape vise à définir un plan d’aménagement et les méthodes d’interventions avec chaque agriculteur pour mettre en valeur leurs parcelles. L’ARMEFLHOR assure la production et la mise à disposition des plants utilisés sur la zone d’expérimentation. Les cultures sont ensuite mises en place et des moyens de gestion des EEEV sont mis en œuvre pour limiter une repousse qui pourraient venir concurrencer les espèces cultivées.
3. Suivi technico-économique et environnemental
Ces parcelles font ensuite l’objet d’un suivi réalisé par les agents du Parc national et les technicien de l’ARMEFLHOR. Ce suivi permet de capitaliser des données technico-économiques (investissements humain et matériel, productivité…) et environnementales (croissance des espèces indigènes, qualité du sol, auxiliaires de culture...). Les données ainsi acquisent permettront d’affiner la connaissance sur les systèmes agroforestiers réunionnais, pour accompagner de futurs projets et promouvoir le développement de de l’agroforesterie sur le territoire.
Reportage : Inebox / FRCA / Antenne Réunion
GROS PLAN SUR 2 PARCELLES DU PROJET
Portraits extraits d'un article provenant du Fertile 54 édité par l’Armeflhor
Partenaires du projet
Projet financé par l'Etat au titre du Contrat de Convergence et de Transformation, et co-financé par les fonds européens LEADER, FEADER et le Conseil Départemental de La Réunion et par l’intermédiaire du Groupe d’Action Locale (GAL) Grand Sud, Terres de Volcans.