Les paysages de La Réunion sont nés d’une conjugaison d’éléments :
L’activité de deux volcans ;
Une forte érosion et un développement végétal dans un climat chaud et humide ;
Des variations climatiques selon l’étagement altitudinal, la position sur les côtes au vent et sous le vent et donc une variété de milieux naturels ;
Plus récemment les interventions de l’homme.
Ces conditions ont créé des paysages uniques au monde, contrastés, surprenants, toujours en mouvement, qui marquent et fascinent les Réunionnais et les visiteurs :
Une diversité d’ambiances, allant des paysages tropicaux aux plaines d’élevage de montagne, des hauts sommets aux cirques, et des espaces minéraux aux forêts luxuriantes.
Une évolution constante du fait d’éléments naturels (volcanisme, colonisation végétale, etc.) et de la pression humaine (urbanisation, défrichements, …)
© Albine Jaubert - Parc national de La Réunion
La combinaison de ces différentes caractéristiques donne une mosaïque extrêmement diversifiée de paysages : sommets et reliefs montagneux escarpés depuis les Bas, cirques ou effondrements de caldeira du volcan actif de la Fournaise, petits pitons volcaniques posé au hasard et parsemant le paysage, ou encore défilés tortueux de ravines qui ne se découvrent que par fragments successifs.
Ce patrimoine exceptionnel, qui peut être découvert au gré de quelques 850 km de sentiers qui sillonnent l’île, ne laisse aucun visiteur indifférent. C’est ce qui a conduit l’UNESCO à inscrire en 2010 les « Pitons, cirques et remparts de l’île de La Réunion » sur la liste du patrimoine mondial, au titre notamment du critère VII « représenter des phénomènes naturels ou des aires d'une beauté naturelle et d'une importance esthétique exceptionnelles ».
Ils sont aussi inscrits au titre du critère X concernant leur biodiversité exceptionnelle : « Contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique, y compris ceux où survivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation ».
Ces paysages uniques sont en constante mutation et représentent l'un des éléments clés de l’identité réunionnaise. Aujourd’hui leur évolution s’accélère. L’impact des activités humaines est de plus en plus prégnant et menace la préservation de l’originalité et de la qualité des paysages. Le paysage devient projet, et son devenir, un enjeu pour les gestionnaires, compte tenu de sa valeur patrimoniale mais aussi économique, qu’il est impératif de ne pas hypothéquer.
Il est le premier des cinq enjeux de la charte du Parc national, dans son plan de gestion du bien : « préserver la diversité des paysages et accompagner leurs évolutions ».
La préservation des paysages à leurs différentes échelles est en effet transverse à la protection des différents patrimoines naturels, historiques, culturels et à leur conciliation avec les enjeux de développement humains et économiques, en particulier dans les Hauts de l’île. En ce sens, le paysage est un véritable outil d’aménagement et de réflexion au service de l’intérêt général et de la préservation d’un cadre de vie collectif et durable.
L’objectif et la responsabilité de l’établissement du Parc national de la Réunion vis-à-vis des paysages se traduisent par plusieurs mesures et orientations :
Préserver la diversité des paysages
o Les grands ensembles paysagers
o La diversité des paysages ruraux et bâtis
o Maîtriser les risques d’incendie de forêts
o Lutter contre la propagation des espèces exotiques envahissantes
Accompagner les dynamiques de développement pour limiter la banalisation
o Lutter contre la diminution et le mitage des terres agricoles
o Prévenir le fractionnement des espaces naturels
o Contrôler l’étalement urbain
o Limiter l’urbanisation des espèces exotiques envahissantes dans les projets d’aménagements et d’infrastructures
o Maîtriser la publicité
Ces orientations se traduisent en actions concrètes, menées par le Parc national et ses partenaires :
- Construire un projet partagé, avec l’ensemble des partenaires à travers Le Plan Paysage (finalisé en 2025)
- Connaître les paysages et en suivre les évolutions à travers la mise en place d’un Observatoire Photographique des paysages (en cours)
- Construire et mettre en œuvre une offre pédagogique et de sensibilisation (outils éducatifs, formation/sensibilisation au paysage, supports pédagogiques..)
- Veiller à intégrer les travaux et équipements en cœur de parc : par exemple, résorber les points noirs paysagers pour préserver l’intégrité des paysages et du bien (enlèvement équipements obsolètes, mutualisation et intégration des équipements sur des sites les moins impactant, etc.)
